LIFESTYLE, RENCONTRES

RENCONTRES #01 : 15 QUESTIONS A VANESSA ILANA LOUZON

17/11/2013

| INTERVIEW |

Toute nouvelle rubrique sur le blog, Rencontres essaiera d’échanger avec des artistes, photographes, créateurs, musiciens sur leur métier, leur passion.

Pour la première de ces rencontres, c’est Vanessa Ilana Louzon, artiste franco israélienne qui s’y colle !

**Quel a été ton parcours ?**

J’ai fait mes études à Londres, d’abord au London College of Printing (qui s’appelle maintenant le London College of Communication) dans la section »Graphic & Media Design ». J’ai ensuite fait un master au Royal College of Art, puis je suis partie vivre en Israël! Après quelques années, en tant que graphiste freelance entre Londres et Tel Aviv, j’ai commencé à consacrer beaucoup plus de temps à mes projets personnels, puis j’ai découvert la photographie.

**Comment s’est passé ton séjour au RCA ? (Royal College of Art)**

La phase de découverte pendant les premiers mois a été extraordinaire, le programme était destiné à ouvrir nos horizons, on avait le luxe d’avoir accès a beaucoup de matériel et de pouvoir toucher à tout, on pouvait utiliser des caméras 16mm, des tables de montage Steenbeck, on avait un labo photo, un labo son, des studios de « letterpress » (impression typographique traditionnelle), de lithographie, de vidéo, chaque semaine on avait des soirées film expérimental, musique expérimentale, soirées vernissages (avec vin gratuit à volonté!), des artistes prestigieux venaient nous parler, faire des projets avec nous, c’était vraiment le Disneyland de la création!Quand on a dû passer aux choses sérieuses et commencer à travailler sur nos projets, on nous poussait à aller beaucoup plus loin dans nos idées, à donner un sens à nos créations, à ne pas juste faire du « joli ». Le système d’études au RCA nous encourageait aussi très fortement à prendre des initiatives, à organiser des événements, à pousser nos limites!

**Quels artistes prestigieux comme tu dis t’as le plus marqué pendant tes études ?**

Il y en a eu beaucoup mais celui qui m’avait le plus marque ce n’était même pas le plus célèbre, c’était Johann Sfar, que beaucoup d’étudiants ne connaissaient même pas, mais comme j’avais déjà lu et adoré ses BD, j’étais surexcitée à l’idée de le rencontrer! Il est venu nous parler en petit comité… c’était donc informel, et très sympathique!

**Combien de temps ont duré tes études ? Comment se crée-t –on un réseau à la sortie de l’école ?**

En tout 6 ans (4 au LCP et 2 au RCA). Le plus important après les études d’art c’est la présence! Etre là à toutes les expos, vernissages et soirées des anciens étudiants, les expos de l’école, rester en contact avec les anciens professeurs… A l’époque Facebook n’existait pas encore, alors se montrer physiquement était primordial pour ne pas tomber dans l’oubli! De nos jours la présence virtuelle peut suffir, mais les vrais rapports humains sont toujours beaucoup plus intéressants et productifs!

**Comment s’est passé ta toute première exposition ? Belles émotions j’imagine ?**

La première expo en dehors de l’école qui n’était pas une expo de groupe s’était déroulée à Paris, au « Kagami Private Contemporary Art Club » en duo avec l’artiste coréen Kira Kim. J’avais déjà l’habitude des expos de groupe, mais la c’était impressionnant d’être seule avec un autre artiste devant des gens qui venaient pour nous voir! Impressionnant mais grisant surtout!

** Comment décrirais-tu ton travail ? Comme les séries Thirteen Family Moments With a Television? Tu utilises le collage, la vidéo…**

J’aime beaucoup m’approprier des images trouvées, que ce soit des photos de famille, des images de vieux livres, ou des vieilles vidéos personnelles ou trouvées sur YouTube. Dans « Thirteen Family Moments with a Television » je me suis servie d’une collection de photos trouvées dans de vieux albums de famille sur lesquelles j’avais trouvé un point commun: les poses devant la télé. « Family Dinners » est aussi une collection de photos de famille avec la table de la salle à manger comme point central, que j’ai modifiées en peignant dessus pour ne laisser transparaître que la table. Dans « Leçons de Français » j’ai utilisé des illustrations venant d’un livre de français pour les polonais, que j’ai réarrangées pour raconter une histoire inspirée de ma famille sous la forme d’un « collage vidéo ».

**Comment la photographie est devenue pour toi un moyen d’expression ?**

J’ai découvert la photographie par hasard, après avoir acheté pendant un voyage à New York un appareil reflexe numérique que j’avais acheté spécifiquement pour faire de la vidéo… Avant ça, je n’utilisais la photo que comme outil pour mes projets, ou pour le travail graphique, mais jamais comme une fin en soi, et c’est dans les rues de New York que j’ai pris mes premières « vraies » photos! Je me suis rendue compte que j’adorais faire des portraits, et que les plus réussis étaient ceux qui n’étaient pas »posés », et qui dévoilent les émotions cachées des sujets.

**Pratiques tu d’autres formes d’art comme la photographie, la vidéo ?**

Je suis très touche-à-tout. Mes études à Londres étaient basées sur la recherche d’idée et sur la découverte personnelle de différentes techniques de production, et donc mon travail perso a suivi cette direction, où je ne me concentre pas sur une technique, mais je cherche des idées, puis j’adapte la technique selon le concept. Cela peut être une vidéo, un dessin, des GIFS animes… Dernièrement j’ai découvert les logiciels de VJing et la vidéo en live…C’est un nouveau monde, et je m’amuse beaucoup avec ça… mais pour l’instant, ça reste au stade expérimental…

**Quelles sont tes références, influences?**

Je suis une enfant des années 80, et elles m’ont énormément influencée! Le style années 80, le fluo, le Top 50, Madonna, les néons, les dessins animés japonais, la culture « teenager », les vieux jouets… C’est devenu très à la mode ces dernières années, pour mon plus grand bonheur! J’aime les films de teenagers, Larry Clark, Gus Van Sant, Sofia Coppola… Les essais documentaires comme les courts métrages d’Agnès Varda m’inspirent énormément aussi…

**Tu as vécu dans différents pays ? Crée-t-on de la même manière dans les pays ?**

On est toujours influencé par l’endroit dans lequel on est, mais je pense qu’on peut trouver l’inspiration n’importe où, et que la seule chose qui change dans la manière de créer c’est soi-même, c’est à dire l’état de nos émotions dans l’endroit où on se trouve… Par exemple, je n’étais pas très inspirée à Paris, comparé à Londres ou NYC, mais ce n’était pas à cause de la ville elle-même, mais plutôt parce que moi-même je ne me sentais pas bien à Paris.

**Quelles sont les villes ou les endroits qui t’inspirent le plus ?**

J’aime beaucoup les grandes villes, Tel Aviv, Berlin, New York, Londres, avec plein d’enseignes, de néons, de magasins, de graffitis, d’immeubles délabres, et surtout de gens intéressants et bizarres… La ville que je rêve de visiter pour y prendre des photos c’est Tokyo! Sinon ce qui m’inspire le plus ce sont les endroits « communs » dans lesquels on peut trouver des gens vrais, j’aime les laveries automatiques, les supermarchés, les bouis-bouis, les stands de shawarmas, les aéroports, les salons de coiffures vieillots…

**Quel est ton coup de cœur photographique qui t’inspires sans lacement ?**

Mon coup de cœur photographique qui m’inspire sans lacement est un film! « 2001: Odyssée de l’Espace » de Stanley Kubrick, qui était photographe, et dont l’art et le savoir-faire transparaît dans chaque plan du film… Une pure merveille photographique, scénographique, artistique… On peut ajouter à cela le fait que je suis fan de tout ce qui est rétro futuriste, et dans ce film on atteint le summum!

**Tu préfères capter des regards ou des objets ?**

Alors je vais dire que je préfère capter des non-regards! J’adore photographier les visages mais surtout quand ils ne sont pas conscient que je suis là, qu’ils regardent ailleurs, et qu’ils pensent a autre chose… au naturel quoi! C’est comme ça que je peux capter les vraies émotions des sujets…

** Sur quels projets travailles-tu en ce moment ?**

J’ai plusieurs projets: des GIF animés, des dessins basés sur des photos de famille, de la musique, et j’ai aussi plein d’idées pour de nouvelles photos!

** Pour les lecteurs du blog, as-tu de bonnes adresses à Tel Aviv, les endroits à ne pas louper ?**

Ohlala, j’aime tellement Tel Aviv que je pourrais en parler pendant des jours! Tel Aviv est comme un village urbain, elle est assez petite pour pouvoir la traverser en peu de temps à pieds ou à vélo, et croiser sans arrêt des gens qu’on connait, mais assez grande pour avoir d’innombrables cafés et restaurants, tous meilleurs et plus jolis les uns que les autres,des superbes boutiques, et une vie culturelle et nocturne trépidante! Pour manger à midi, il faut absolument aller se balader dans le quartier yemenite, le « kerem hateimanim », entre le marché Carmel et la plage, on y trouve des petits bouis-bouis délicieux et pas chers, les meilleurs houmous, les meilleures brochettes, et des grand-mères juives avec d’énormes marmites de plats cuisinés avec amour! Une ballade dans la vieille ville de Yafo (Jaffa) est à ne pas rater, la journée comme le soir: il y a le marché aux puces ou on peut trouver des meubles vintages incroyables et des petits bars sympas; à quelques minutes de là se trouve le port de Yafo, récemment rénové, et ses boutiques de designers, bars, galeries… tout ça avec vue sur la Méditerranée et les grands buildings de Tel Aviv! La Tahana, une ancienne gare de train rénovée en complexe culturel avec toutes sortes de boutiques et de jolies terrasses fleuries ou boire un bon verre de vin en écoutant un concert, très agréable les soirs d’été!

http://www.vanessalouzon.com/

https://www.facebook.com/pages/Vanessa-Ilana-Louzon-mixed-media-artist/46757597340

http://vimeo.com/vanessalouzon

http://vanessalouzon.tumblr.com/

http://www.ordinaryshow.com/

 

 

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